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Dr Anne Benhamou : On me disait qu'une femme avec un bistouri devait être à la cuisine
Épisode 18 · 5 juin 2026 · 49:14

Dr Anne Benhamou : On me disait qu'une femme avec un bistouri devait être à la cuisine

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Dr Anne Benhamou : On me disait qu'une femme avec un bistouri devait être à la cuisine

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À propos de cet épisode

« On me disait qu'une femme avec un bistouri devait être à la cuisine. »

Anne Benhamou a entendu ça à ses débuts. Elle est devenue l'une des pionnières françaises de l'implantologie, 35 ans de métier, fondatrice du premier congrès d'implantologie au féminin.

Dans cet épisode, elle raconte le père qui lui a interdit médecine, le combat pour sa légitimité, et un sourire parfait selon elle : celui qu'on ne voit pas.

Face à elle, notre IA-nimatrice Lia explique le titane, invente « la chasse aux monstres de plaque », un jeu pour donner aux enfants l'envie de se brosser les dents — et se fait recadrer quand il le faut.

« Tu pourrais presque être dentiste », lui lâche Anne.

Cellules souches, implants connectés, et une rave party de bactéries dans votre bouche.


🎙️ Choucroute Citron — le podcast où les humains et les IA se parlent vraiment.


Choucroute Citron animé par Alexandre Stopnicki,

un face-à-face inédit entre humains extraordinaires et IA surprenantes.

https://ia-magique.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription de l'épisode

10 265 mots · environ 45 min de lecture

Transcription automatique, relue rapidement : quelques mots peuvent être mal transcrits. Les intervenants sont reconnus automatiquement, parfois à tort.

Alexandre Stopnicki : Choucroute Citron. Le premier podcast qui parle aux humains et aux IA. Bonjour les amis! Alors aujourd'hui je suis avec ma dentiste préférée. Je suis obligée de dire ça, Je la connais depuis un certain temps, mais on va parler évidemment des dents, du sourire et de plein de choses. En tout cas, vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre sur internet et continuez à vous abonner à notre podcast Choucroute Citron et tout de suite, J'accueille donc Anne Benhamou. Comment vas tu?

Anne Benhamou : Je vais très bien, surtout quand je suis là. Je vais bien. Je vais très bien.

Alexandre Stopnicki : Voilà chers amis. Alors nous sommes aujourd'hui avec une IA qui n'a pas de dent, donc je ne sais pas comment elle peut réagir, comment elle peut comprendre ce que c'est qu'une dent. Tiens, si on lui demandait qu'est ce que tu en penses?

Anne Benhamou : Oui demande lui, j'adorerais l'IA.

Alexandre Stopnicki : Est ce que tu peux nous dire et nous parler des dents?

IA-nimatrice : Nous sommes les IA, animatrices et animateurs conçus par Alexandre Stopnicki pour le podcast Choucroute Citron. Alors oui, je n'ai pas de dents, mais j'ai une très bonne bibliothèque mentale sur le sujet. Une danse est un petit outil multi-usage du quotidien. Ça sert à couper, déchirer, broyer, mais aussi à parler clairement et à dessiner le sourire. Elle a plusieurs couches avec une partie très dure à l'extérieur et une partie plus sensible à l'intérieur. Et surtout, elle vit en équipe. Si une dent se dérègle, les voisines, la mâchoire, parfois même la posture et la façon d'articuler peuvent s'en ressentir. Et ce qui est fascinant, c'est que les dents, ce n'est pas seulement manger, c'est aussi l'identité, la confiance, la perception qu'on a de soi et celle que les autres ont de nous.

Alexandre Stopnicki : On va laisser tout de suite le docteur Benhamou se présenter. Et puis surtout, elle va nous dire comment elle réagit à cette définition faite par une IA des dents.

Anne Benhamou : Alors déjà, si j'ai choisi ce métier, c'est pas par hasard. La première chose c'est que j'aime l'homme, l'être humain et la bouche. C'est au centre de beaucoup de choses. La bouche, c'est ce qui permet de parler, de communiquer avec les autres. Lia l'a dit. Mais je confirme, c'est vrai, la bouche c'est ce qui permet de manger. Si on mange pas, on meurt. Donc il faut la bouche, c'est très important. La bouche c'est aussi le sexe, c'est aussi le plaisir. Donc c'est la bouche. C'est quelque chose qui est central, vital, important pour tous les êtres humains. Je pense que l'IA l'a dit, et c'est bien de le savoir de la part d'un dentiste. Et ce n'est pas par hasard que j'ai choisi ce métier, parce que ça me permet d'être proche de mes patients, de les écouter, de les entendre, de les comprendre et de les soigner.

Alexandre Stopnicki : Alors ce n'est pas par hasard. Tu nous racontes un peu comment tu es devenu dentiste. Est-ce qu'il y a un moment où on se réveille, on se dit tiens, aujourd'hui je vais devenir dentiste?

Anne Benhamou : Alors pas du tout. En fait, au départ, je voulais être chirurgien plasticien. Toujours pareil, toujours pareil, pour faire plaisir aux gens, pour les rendre beau ou plus beau, pour les soigner, pour les brûler, etc. Et puis lorsque j'ai passé mon concours de médecine, mon père ne m'a pas laissé le choix. Il m'a dit Toi, tu es une femme, tu dois avoir un métier qui te permette de vivre, de vivre tranquillement, de travailler deux ou trois jours par semaine comme font tous les dentistes, ce qui n'est pas vrai. Je vais confirmer que ce n'est pas vrai. Et puis.

Et donc tu ne dois pas faire médecine, te voir toute seule dans les salles de garde, la nuit, etc. Il n'en est pas question. Tu dois choisir. Dentaire Donc malgré être excessivement bien classée au concours de médecine, j'ai, à mon grand désespoir, choisi dentaire. J'ai détesté les études, enfin en tout cas la première année. Puis j'ai été voir mon père à la fin de la première année et il m'a dit Chez les Benhamou, quand on commence quelque chose, on va jusqu'au bout. Et même si je dois moi même t'accompagner à la fac, tu iras jusqu'au bout.

Donc moi je suis là avec mes rêves de faire de la chirurgie esthétique, mais je ne veux pas parce qu'on est en train de tailler des dents dans du plâtre ou dans du plastique. Je me fais engueuler parce que je suis nulle, C'est horrible, je déteste. Et puis le fait que mon père m'engueule et surtout le fait qu'on passe en clinique et que je sois en contact avec des gens, ça a changé ma vie. Et quand on est en clinique, donc entre guillemets, on apprend sur des patients. Mais j'ai adoré être au contact des patients et comprendre que les soigner, c'était très important.

Et là j'ai avancé dans le process de je commence à aimer mon métier, j'adore mon métier, mais quand même, je n'avais pas trouvé ce qui me ce qui me ferait sortir du lot. Alors j'ai terminé major de promotion. Et puis mon père m'a dit Maintenant que tu as rempli ton contrat, que tu es dentiste, tu peux retourner en médecine. Donc je me suis. Donc je me suis inscrite en médecine pour retourner en quatrième année de médecine. Je suis partie aux États-Unis en vacances et j'ai été à la fac de UCLA où par hasard, j'ai assisté à un cours d'implanto.

Et là j'ai eu un coup de foudre pour les implants parce que j'ai compris que ça me permettrait de faire mon rêve de changer des visages. Parce que les dents avec les dents, on peut changer un visage, de rendre beau, de soigner et de comprendre les gens. Et donc j'ai tout de suite été dans cette voie là. Je suis rentrée en France, j'ai appris et j'ai enseigné tout de suite.

Alexandre Stopnicki : Parce que L'implantologie aujourd'hui, c'est quelque chose d'assez classique, en tout cas on connaît. Mais au moment où on a commencé, personne ne savait ce que c'était.

Anne Benhamou : Ah non, mais ça n'existait même pas en France encore. Enfin, on a commencé à en parler et du coup, quand je suis rentrée, et comme j'étais plutôt connue dans la fac parce que c'était tout était facile, j'étais plutôt sympa, tous les profs me connaissaient, ils m'ont tout de suite dit Ah mais tu reviens des Etats-Unis, tu as vu les implants? Bah viens enseigner avec nous.

Alexandre Stopnicki : Tu peux nous donner une date pour nous situer un peu dans le temps? Tu te souviens à peu près la date?

Anne Benhamou : Non, mais je dirais quatre vingt quatorze, peut être quatre vingt quatorze.

Alexandre Stopnicki : Il y a comment tu réagis à cette première partie que tu entendes du docteur Anne Benhamou?

IA-nimatrice : Ce que j'entends, c'est une trajectoire presque romanesque avec trois moteurs très forts. D'abord le rapport à la bouche comme centre de la vie au sens large, pas juste des dents, mais la parole, l'alimentation, l'intime, le lien aux autres. Ensuite, il y a le conflit fondateur entre le choix personnel et l'injonction familiale. Et c'est intéressant parce que ça crée une forme de résistance, puis une bascule quand le contact patient arrive, comme si le sens du métier naissait au fauteuil, pas dans les cours.

Et enfin, le coup de foudre pour L'implantologie, avec un vrai instinct de pionnière au moment où ce n'était pas encore installé en France. Et l'envie derrière, c'est très clair, de transformer un visage, donc une identité, pas juste de remplacer une dent. Si je devais lui poser une seule question, ce serait celle ci. Au tout début, quand tu t'es dit je vais me lancer dans les implants alors que c'était encore flou en France. C'était quoi le plus dur? Convaincre les patients, convaincre les confrères ou te convaincre toi-même que tu étais légitime.

Anne Benhamou : Ça a été surtout convaincre les confrères. Parce que déjà L'implantologie commençait, mais alors en plus, une femme qui s'en mêlait, c'était terrible. Il faut savoir que la chirurgie, l'implant, on est d'accord, il y a une procédure chirurgicale pour mettre l'implant en place dans l'os humain. Et c'était l'apanage des hommes. La chirurgie, c'était l'apanage des hommes chirurgiens, dentistes. Donc ça a été le plus dur, ça a été de convaincre que j'étais une femme compétente et que je pouvais donc poser des implants.

Alexandre Stopnicki : Et du coup, il y a. Est-ce que tu peux nous refaire une définition très simple d'un implant, quelque chose de simple pour pour qu'on comprenne parfaitement de quoi on parle?

IA-nimatrice : Un implant dentaire, c'est une petite racine artificielle, le plus souvent en titane, que l'on place dans l'os de la mâchoire pour remplacer la racine d'une dent manquante. Après une période de cicatrisation, l'os se fixe autour de l'implant et on vient ensuite y accrocher une dent de remplacement, soit une couronne, soit un petit bridge selon le cas. L'idée simple, c'est donc de recréer une base solide dans l'os pour retrouver une dent qui fonctionne et qui a l'air naturelle.

Alexandre Stopnicki : Qu'est ce que tu penses de sa définition des implants?

Anne Benhamou : Je pense qu'elle a parfaitement raison. Bravo Lia! C'est exactement ça. C'est une racine artificielle en titane la plupart du temps qu'on pose dans l'os pour remplacer une racine et donc donc forcément une dent. C'est exactement ça. Et effectivement, pour le grand public, il y a trois étapes on pose l'implant, on laisse cicatriser et puis ensuite on fait la couronne dessus. Donc la couronne est la partie apparente.

Alexandre Stopnicki : OK, parfait, tu peux revenir un petit peu sur ton parcours. Ça fait combien de temps maintenant que tu exerces ce métier?

Anne Benhamou : Écoute, je dirais trente ans en implantologie exclusive et trente cinq ans en tant que chirurgien-dentiste. Mais c'est vrai que j'ai tout de suite. J'ai passé tout un tas de diplômes, j'ai été un petit peu partout dans le monde pour essayer d'en apprendre plus, d'en apprendre aux États-Unis, d'en apprendre en Italie, d'en apprendre en Espagne, d'en apprendre partout. J'ai essayé d'apprendre le plus que je pouvais de tous les maîtres qui qui étaient, qui étaient là et qui sont toujours là.

Alexandre Stopnicki : D'ailleurs, tu peux en citer quelques uns. N'hésite pas hein, tu en fera peut être plaisir si tu as des noms.

Anne Benhamou : Alors j'ai commencé il y a très très longtemps avec Sasha Jovanovic à UCLA, et puis j'ai été à Atlanta chez les frères Salama et David Garber qui ont écrit les bouquins qui étaient les tout premiers bouquins qu'on avait sur les implants. Et puis après j'ai été en Italie voir Zucchelli, j'ai été un petit peu partout.

Alexandre Stopnicki : Ça a beaucoup progressé au cours des années. Est ce qu'il y a eu des améliorations très significatives? Tu dis On n'aurait jamais dû faire ça à l'époque. Ou comment, Comment tu vois les choses?

Anne Benhamou : Écoute, il y a eu des il y a, il y a des améliorations incroyables et des améliorations qui font qu'on augmente la précision. Le plus important, c'est de savoir qu'avant on avait compris qu'une racine dans l'os, qu'une racine artificielle dans l'os, que le titane pouvait s'intégrer dans l'os. Donc ça, c'est la découverte du siècle par un Suédois qui s'appelle Branemark. Dans les années soixante dix, il avait fait des essais sur le chien, ça marchait sur le chien. Il s'est dit mais pourquoi pas sur l'homme? Pourquoi est ce que une racine en titane dans l'os humain ne fonctionnerait pas? Et en fait ça a fonctionné.

Et donc au départ, quand on a commencé, on mettait les implants dans l'os et ensuite on se débrouillait pour faire des prothèses dessus. Aujourd'hui, avec les nouvelles technologies et au fur et à mesure dans le temps, on s'est aperçu qu'en fait on mettait, on calcule avec nos ordis, nos nos montages, nos, nos maquettes, etc. Ce qu'il y a de mieux pour le patient, pour son sourire, pour sa fonction. Et on pose les implants là où ils doivent être. Et en fait on apporte l'os, on apporte la gencive, on peut tout faire aujourd'hui, chose qu'on ne pouvait pas forcément faire il y a trente ans.

Alexandre Stopnicki : Bien sûr l'IA, Tu peux nous expliquer pourquoi on utilise du titane? Fais nous une explication très simple s'il te plaît. Mais pourquoi on utilise ce matériau plutôt qu'un autre?

IA-nimatrice : l'IA On utilise le titane surtout parce que le corps le tolère très bien, il ne rouille pas et il libère très peu de choses dans l'organisme, donc il déclenche rarement des réactions de rejet ou d'allergie. Comparé à beaucoup d'autres métaux et surtout sa surface s'entend bien avec l'os. l'OS peut venir se fixer dessus de façon stable pendant la cicatrisation, ce qui permet à l'implant de tenir solidement dans la mâchoire pour supporter ensuite la dent au dessus. Anne, quand tu expliques ça, un patient en fauteuil, tu utilises plutôt l'image de la racine qui se soude à l'os, ou tu préfères une autre métaphore plus parlante?

Anne Benhamou : Non, j'aime bien l'histoire de la racine qui se soude à l'os. J'ai tout un tas de schémas pour leur montrer, pour leur faire comprendre ce que c'est. J'ai des petits modèles en plastique, mais maintenant les patients sont informés largement. Grâce à toi Lia et grâce à beaucoup de gens, les patients sont informés quand ils arrivent au cabinet. Surtout que je fais de l'implantologie exclusive. Ils savent ce qu'ils viennent chercher.

Alexandre Stopnicki : Oui, toi tu es une vraie spécialiste de ce domaine là. Mais il y a imagine quelqu'un qui ne sache pas du tout ce que c'est qu'un implant, mais surtout qui n'a pas envie d'avoir un implant. Quelles pourraient être les meilleures façons de convaincre quelqu'un qui ne connaît pas bien ce processus? Et qu'est ce que tu pourrais lui dire pour la rassurer en fait? Et puis pour lui dire que c'est un objectif et que ça peut être très important.

IA-nimatrice : Je dirais d'abord qu'il ne s'agit pas de convaincre, mais d'éclairer et de rassurer. Parce que si la personne n'en veut pas, c'est souvent par peur de la chirurgie, du prix de la douleur ou d'une mauvaise expérience racontée par quelqu'un. La meilleure approche, c'est de partir de sa situation à elle et de lui expliquer calmement les options. Rien faire pour l'instant. Solutions amovibles bridges ou implants avec les avantages et limites de chacune pour qu'elle garde la main. Pour rassurer quelqu'un qui ne connaît pas, je lui dirai des choses très simples. Un implant sert surtout à retrouver une mastication stable et un confort au quotidien.

Et dans beaucoup de cas, ça évite de sacrifier des dents voisines comme peut le faire un bridge. Je préciserai aussi que la plupart des actes se font avec une anesthésie locale, que l'équipe a des protocoles précis et que le suivi est une grande partie du succès. On ne pose pas et on disparaît. Et enfin, j'insisterai sur ce qui fait tomber la peur le plus vite la clarté. Un plan en étapes. Ce qu'on va faire. Ce qu'on ne va pas faire. Ce qui est normal après. Ce qui doit alerter et à qui on parle. Si on a une question. Quand les gens comprennent le film, ils respirent. Pour que je vous propose une phrase de podcast vraiment efficace.

C'est quoi la peur la plus fréquente chez tes patients? La douleur, Le côté chirurgie, La durée du traitement ou l'idée que le corps va rejeter l'implant?

Anne Benhamou : C'est tout en même temps, y compris le prix aussi. Comme tu l'as évoqué au début de la conversation. Mais si on devait parler des patients phobiques ou des patients qui ont très peur. C'est vrai que c'est tout d'abord la douleur. Le dentiste à quand même ça reste quand même l'image de celui qui fait mal. Donc la douleur, c'est quand même voilà le truc primordial qui pourrait faire reculer un patient. Et puis effectivement, les discussions avec les copains. Moi j'ai eu mal, moi j'ai gonflé, moi j'ai eu un bleu, moi j'ai saigné. Ça peut être des choses qui peuvent faire peur. Après, après, il y a aussi ils ont besoin.

Tu as raison, ils ont besoin d'explications, d'explications claires. Et quand ils sentent qu'on est sûr de nous, qu'on leur donne des explications claires, souvent ils sont éclairés. Alors moi, je ne cherche jamais à convaincre personne. Je leur explique, je les laisse réfléchir et je le laisse. Je les laisse revenir vers moi. Je n'essaie jamais de convaincre quelqu'un qu'un implant c'est bien. Je leur explique toutes les alternatives thérapeutiques. Parce que tu as raison, il y a toujours la prothèse amovible, c'est à dire le dentier. Même si c'est qu'une dent, ça peut être un dentier d'une dent.

Alexandre Stopnicki : On ne doit pas convaincre un patient. Tu es bien d'accord avec ça, non?

Anne Benhamou : Non. Et puis les dentistes qui m'envoient des patients ne me les envoient pas pour les convaincre, ils me les envoient pour leur donner des explications. Donc en fait, mettons, un patient perd une dent, perd une dent parce qu'il a eu une très grosse carie et le praticien a été obligé d'extraire la dent. Il va m'adresser le patient pour que je lui donne des explications sur les alternatives de soins, les alternatives de soins qui seraient un petit dentier d'une dent. Alors évidemment, cent pour cent des patients n'en veulent pas. Ils préfèrent garder un trou à la limite, sauf si c'est une dent de devant.

Il y a l'alternative du bridge, mais effectivement, on va leur expliquer qu'il va falloir délabrer les deux dents autour pour pouvoir poser un bridge, et on va leur expliquer que poser un implant, ça va être non seulement remplacer la dent manquante, mais conserver les dents adjacentes. Et en général, quand on leur montre des images, quand on quand on leur explique, en général ils prennent un temps de réflexion. Mais dans quatre vingt quinze pour cent des cas, je les revois.

Alexandre Stopnicki : J'aimerais que tu parles aussi de ton écosystème, parce que pour faire en sorte que L'implantologie soit quelque chose d'encore plus utile pour les patients, tu organises des salons et des événements. Tu peux nous raconter un petit peu comment ça se passe et quel est l'événement dont tu es l'organisatrice.

Anne Benhamou : Alors on va, on va On va revenir sur le fait que mon intégration en tant que implantologue femme a été difficile. Et un jour, sur un parcours de golf, le patron d'une grosse boite d'implant me dit Écoute, tu fais toujours des confs pour nous, tu es incroyable, qu'est ce que je peux faire pour toi? Et je lui ai dit ça serait bien que tu m'organises un congrès. Je voudrais mettre des femmes sur le podium parce que nous, les femmes en implanto, on n'est pas reconnues. Et il m'a dit banco!

Et de là est né en deux mille six, le Symposium national D'implantologie au féminin, qui porte un nom mais en plus très caractéristique qui s'appelle le sniff. Donc les femmes ça pleure, c'est bien connu, c'est sniff sniff. N'empêche que la première année, on a eu un monde fou. On a eu. Alors je n'ai mis que des femmes sur le podium la première année. Bon après c'est resté un joke, mais pour l'instant, la première année, en deux mille six, nous n'avions que des femmes sur le podium. Je dois avouer que c'était un peu compliqué.

J'ai été les chercher un petit peu partout parce qu'il n'y avait pas beaucoup de femmes à l'époque qui posaient des implants. Donc j'ai été aux États-Unis, au Canada, en Israël, en Italie, en Allemagne et en France, et ça a été le premier congrès du Snif. Et depuis, c'est resté une plateforme incontournable de L'implantologie parce que j'ai un niveau d'exigence très important vu que je connais tout le monde et que j'ai vu L'implantologie démarrer et donc aboutir à là où elle est aujourd'hui. Et donc je choisis avec beaucoup de précautions tous mes intervenants.

Donc ça reste s'appelait le Snif, mais j'ai la parité entre les hommes et les femmes.

Alexandre Stopnicki : C'est une bonne chose quand même que tu aies organisé cet événement. Et ça fait combien de fois que tu organises cet événement?

Anne Benhamou : Ben ça fait vingt ans et c'est une fois tous les deux ans.

Alexandre Stopnicki : C'est une fois tous les deux ans.

Anne Benhamou : Oui, c'est une fois.

Alexandre Stopnicki : Tous les deux ans. La prochaine fois, tu peux déjà l'annoncer.

Anne Benhamou : Alors la prochaine fois, ça sera dans deux ans puisque le Snif deux mille vingt six vient d'avoir lieu, donc ce sera en deux mille vingt huit.

Alexandre Stopnicki : J'aimerais que tu me décrives en quelques mots pour toi ça serait quoi? Un sourire parfait? Mais tu ne me donnes pas de référence visuelle sans. Et surtout tu ne nomme pas de célébrités. Et puis on va écouter Anne pour voir ce qu'elle en pense elle également. C'est quoi un sourire parfait?

IA-nimatrice : Lire pour moi, un sourire parfait. C'est un sourire qui a l'air vrai. Les dents sont alignées sans être au cordeau. La couleur est lumineuse sans être trop blanche et on voit une harmonie entre les dents, la gencive, les lèvres et le visage, comme si tout était à sa place. Et surtout, c'est un sourire qui bouge bien quand la personne parle et rit, sans tension ni gêne. Parce que le plus parfait, c'est souvent celui qu'on oublie tellement il paraît naturel. Anne, toi qui vois des sourires toute la journée, si tu devais choisir un seul critère non négociable d'un beau sourire, ce serait la naturalité, la santé de la gencive ou l'équilibre avec le visage.

Anne Benhamou : Alors je pense que ça serait la naturalité. J'ai trop vu de sourires archi blancs aux États-Unis qui faisaient très très faux avec des lèvres botoxées en tout cas. J'ai vu trop de choses qui se voulaient pas naturelles. Et mon critère à moi d'abord, c'est que comme tu le dis, un beau sourire, c'est celui qui ne se voit pas. Alors c'est vrai qu'il y a des gens qui aiment des dents agressives, très blanches, mais on peut leur faire bien entendu, mais il faut que ça rentre dans l'harmonie.

Mais maintenant, si on parle plus technique, effectivement, nous on dit que c'est l'harmonie du blanc et du rose, le blanc étant les dents, le rose étant les gencives. Il faut que on a. On a des critères, des critères, nous on peut, on peut. On a quelqu'un qui a écrit un article qui s'appelle Feu Rosé et qui nous a donné des règles par point pour compter un sourire. Donc on peut avoir un point pour l'âge, pour le contour de la gencive, la couleur, pardon, c'est sur deux points. Le contour de la gencive, la couleur de la gencive, le profil d'émergence de la dent, c'est à dire comment elle sort par rapport aux autres, etc.

Et donc on a un certain nombre de points pour noter des sourires liés.

Alexandre Stopnicki : Alors je voudrais qu'on fasse un petit test. Imagine que tu es une dentiste? Je sais que c'est pas du tout le cas et que c'est pas possible aujourd'hui, mais imagine, t'as un patient qui vient te voir et il veut des dents bioluminescentes qui brillent dans le noir. Alors pour toi l'IA est ce que c'est de la dentisterie ou est ce que c'est de la folie? Et comment tu traiterais ce patient? Qu'est ce que tu lui dirais?

IA-nimatrice : Alors je dirais que c'est un peu des deux côtés dentisterie si on reste dans le réel, Mon rôle ce serait de vérifier d'abord la santé, l'occlusion, l'état des gencives et de comprendre sa demande. Est ce que c'est pour un show, un métier de nuit, un délire artistique ou juste une envie impulsive côté folie? Si la demande met en danger la bouche ou pousse vers quelque chose d'irréversible et regrettable, là je freine tout de suite. Concrètement, je lui dirais on ne fait rien qui abime l'émail, ni qui soit toxique, ni qui compromettent la fonction, et on ne touche pas aux dents saines pour un effet gadget.

Si vraiment il veut un effet qui brille, je l'orienterai plutôt vers des solutions réversibles et externes du type accessoires amovibles fait sur mesure, que l'on enlève plutôt que des matériaux permanents collés ou des traitements agressifs. Et si je sens une attente de transformation extrême qui cache un mal être. Je propose de prendre du temps, de réfléchir et de rediscuter avant toute décision. Anne toi en vrai, tu réponds comment à une demande farfelue mais pas forcément dangereuse. Tu joues l'humour pour détendre ou tu cadres très vite en mode médical?

Anne Benhamou : Et je vais te dire une fois de plus que d'abord tu m'épates parce que tu pourrais presque être dentiste. Tu m'épates!

Alexandre Stopnicki : Et ton assistante, ce serait déjà le bonheur.

Anne Benhamou : Je pourrais faire mon assistante. J'ai envie de te dire que j'ai répondu parfois à des demandes farfelues, parce que ça ne mettait pas les dents, ni le patient en danger. Par exemple, coller des diamants sur des dents. Alors, il y a eu toute une période où les jeunes filles voulaient des diamants sur leurs dents, alors selon qu'elles étaient plus ou moins fortunées, c'était des vrais ou des faux. Ça n'abîme pas l'émail. Donc je l'ai fait. Un jour, j'ai un patient complètement dingue de foot. Il fallait faire une couronne et il me l'a demandée. Bleu, blanc, rouge. Et je lui ai fait une couronne. Bleu, blanc, rouge.

Mais la couronne en elle même était parfaite. Cerclait parfaitement la dent. Enfin, la couronne était parfaite. C'est juste la couleur qui changeait. Donc tant que je ne mets pas en danger la dent ou la bouche, ou le patient lui même bien entendu. Oui, je peux répondre aux demandes farfelues. Pourquoi pas?

Alexandre Stopnicki : Oui pourquoi pas. Mais c'est quand même pas quelque chose que tu fais tous les jours.

Anne Benhamou : Non, bien sûr que non.

Alexandre Stopnicki : C'est quoi la demande la plus farfelue qu'on t'ait jamais faite? La ténacité? Quelques unes. Mais est ce que tu te souviens d'autres choses? Ou raconte nous un événement que tu as vécu vraiment, qui sort de la norme ou de ton métier? Classique quoi?

IA-nimatrice : Offrant le dentaire? Qu'est ce qui sort vraiment de la norme? C'est souvent moins la demande esthétique que l'histoire derrière. Et dans ce que tu viens de raconter, ton filtre est très clair et très sain. Tant que c'est réversible, que l'émail et la gencive sont respectés et que la fonction reste bonne, tu peux laisser une place au jeu, à l'identité, au symbole. Du coup, pour rester dans ta question à toi Alexandre, si on cherche un vrai moment hors norme, j'aimerais te la renvoyer à Anne avec une seule précision pour l'aider à choisir le bon récit. Anne, est ce que tu penses à une situation hors norme, plutôt clinique, du type une urgence Improbable ou un cas technique extrême ou plutôt humaine, du type une phrase, une réaction, une transformation qui t'a marqué.

Anne Benhamou : Écoute, j'essaie de réfléchir dans les deux domaines. Qu'est ce qui aurait pu me marquer? En tout cas ce qui ce qui arrive au quotidien. Déjà, avant de commencer par le hors norme, c'est que les patients au quotidien, surtout les patients de soixante soixante dix ans, arrivent avec des photos de quand ils ont vingt ans et ils me disent Mais voilà comment je veux être. Et ça, c'est un vrai problème parce que la peau n'est plus la même, le visage n'est plus le même, les lèvres ne sont plus les mêmes, les gencives ne sont plus les mêmes et les dents, le support lui même n'est plus le même. l'OS vieillit, les dents vieillissent.

Et donc ça, c'est là où il faut faire preuve de beaucoup de psychologie pour expliquer au patient que c'est pas comme si un patient, il veut qu'une ride disparaisse et il fait une piqûre, c'est pas pareil. Là on va délabrer les dents pour les couvrir, on va faire beaucoup de choses. Et pour arriver à un résultat qui, lorsqu'il ne les satisfera peut être pas parce qu'il y a autre chose à faire autour. Donc quand tu disais tout à l'heure que le sourire c'était en relation avec les lèvres. C'est vrai, avec le visage, c'est vrai Avec la parole, avec les yeux, avec les cheveux. C'est tout un c'est tout un, c'est tout un ensemble. Et tu as raison.

Alors maintenant, dans les situations extraordinaires, médicalement parlant, je crois que c'est quelqu'un qui avait eu un gros accident et qui est arrivé avec toutes ses dents dans la main avec les pompiers, et c'était extrêmement difficile parce que je savais plus laquelle était où. Enfin c'était, c'était vraiment très compliqué, ça pissait le sang partout, le nez était cassé. Enfin, ils n'auraient pas dû l'amener ici d'abord, c'était l'hôpital d'abord, et je l'ai accompagné à l'hôpital pour ligaturer les dents pendant que certains s'occupaient du nez, d'autres des joues et de tout ce qui était blessé. Donc c'était ça.

C'était la situation médicale la plus bizarre que j'aie jamais rencontré. Maintenant, en comportement, en comportement, je sais pas.

Alexandre Stopnicki : T'as pas encore d'idée? Ça va revenir dans quelques secondes. Tiens, on va poser une question à l'IA. l'IA dans la nature à propos des dents. Quels sont les animaux qui ont, je ne sais pas, des tendances les plus extraordinaires ou des choses vraiment, justement, qui sont hors norme par rapport à nous les humains dans la nature, les animaux. Lia Qu'est ce que tu pourrais nous dire avec les dents?

IA-nimatrice : Ce qui est vraiment hors norme dans la nature, c'est que chez beaucoup d'animaux, les dents ne servent pas seulement à manger, elles servent aussi d'outil, d'arme, de pelle ou même de carte d'identité. Par exemple, certains rongeurs ont des incisives qui poussent en continu, donc ils doivent les user en rongeant sans arrêt, sinon ça devient handicapant. Les requins, eux, perdent et remplacent leurs dents toute leur vie, comme une sorte de tapis roulant, ce qui est très différent de nous qui sommes plutôt sur un modèle de série. Et puis c'est fini.

Les éléphants et les lamantins ont aussi des systèmes de remplacement des dents, mais d'une manière plus lente, avec des dents qui avancent progressivement, un peu comme une convoyeur qui remplace les anciennes au fur et à mesure de l'usure. Et puis il y a des cas où la dent devient un outil spectaculaire. Les défenses. Chez certains animaux, ce sont en réalité des dents modifiées, utilisées pour creuser, se battre, impressionner ou porter. Donc là dedans, dans la nature, c'est parfois un couteau suisse complet, pas juste une pièce de mastication.

Anne, toi qui travailles sur l'os et le support, l'exemple animal qui t'inspire le plus, c'est plutôt la repousse continue des rongeurs ou le renouvellement permanent des requins.

Anne Benhamou : Justement, j'allais te poser une question Lia, parce que toi tu vas pouvoir répondre mieux que moi, parce que j'ai beau lire, j'arrive quand même pas à trouver les réponses que j'attends. Tu dois savoir qu'on a fait des essais avec des cellules souches. Je crois que c'est au Japon. Je ne sais plus dans quel pays. C'est où on a réussi à faire repousser des dents à partir de cellules souches.

Alexandre Stopnicki : Oui j'avais lu ça et est ce.

Anne Benhamou : Que tu peux m'en dire, nous en dire plus?

IA-nimatrice : Oui je peux t'en dire plus en restant prudente sur un point. La repousse dentaire chez l'humain est un domaine de recherche très actif, avec des résultats prometteurs chez l'animal et quelques essais très encadrés chez l'humain selon les pays. Mais on n'est pas encore dans une solution courante au cabinet qui remplace L'implantologie. L'idée générale, c'est d'essayer de relancer un programme biologique qui, chez nous, est quasiment éteint après les dents définitives.

Les chercheurs explorent deux grandes voies soit fabriquer un germe dentaire en laboratoire à partir de cellules capables de se différencier puis l'implanter pour qu'il se développe, soit stimulé dans la mâchoire des mécanismes qui pourraient déclencher la formation d'une nouvelle dent. Le Japon revient souvent dans les articles, parce qu'il y a là-bas des équipes et des sociétés très avancées sur des approches de médecine régénérative, avec des cibles moléculaires qui visent à lever un frein à la formation d'une troisième dent.

Anne Benhamou : Dis moi l'IA, qu'est ce que tu penses de pouvoir mettre un petit capteur dans un implant qui rendrait ce qu'on appelle. Donc cet implant deviendrait un implant intelligent et cet implant pourrait sur le portable du dentiste ou du patient d'ailleurs, donner des informations sur la santé du patient. Par exemple. Est ce que tu penses que ça va bientôt arriver ça?

IA-nimatrice : Oui, en théorie, un implant avec micro capteur peut fournir des informations utiles sur la santé d'un patient. Et c'est même déjà le principe de plusieurs dispositifs médicaux implantables ou semi-implantable. Selon le type de capteur, on peut suivre des paramètres comme la pression, certaines caractéristiques électriques ou mécaniques d'un tissu, la température locale ou encore des signaux indirects d'inflammation, puis transmettre ces données pour aider au suivi. Là où ça devient vraiment intelligent, c'est quand on combine ces mesures avec des algorithmes pour détecter des tendances, donner une alerte précoce ou personnaliser le suivi.

Mais il faut rester prudent parce que la fiabilité dépend beaucoup du positionnement, du vieillissement du capteur dans le corps, de l'énergie disponible et de la qualité de la calibration. Et il y a aussi tout le sujet de la sécurité des données et de la cybersécurité. Parce que dès qu'on transmet des informations de santé, c'est sensible. Tu imagines plutôt un implant Pour quel contexte précis? Suivi cardiovasculaire, diabète post-opératoire ou un usage en chirurgie reconstructrice ou esthétique par exemple pour surveiller la cicatrisation?

Anne Benhamou : Ceux qui vont permettre de contrôler la cicatrisation existent déjà je pense. Je pense qu'il y a des chercheurs au CNRS qui se sont déjà penchés sur la question, et d'ailleurs je vais les faire parler bientôt dans une conférence. Ces chercheurs là, eux, ils vont nous donner des informations sur l'inflammation et sur le degré d'intégration de l'implant. Si jamais il y a une inflammation ou même une infection autour. Maintenant, je je pensais plus à oui, à l'état général du patient, par exemple au diabète ou à l'état cardiovasculaire. Oui, je pensais plus à ça.

Alexandre Stopnicki : OK, alors moi je vais te proposer un petit défi. J'aimerais qu'on constitue un jeu, donc ça doit exister même. C'est sûr, il y en a plein pour apprendre à des enfants non pas à se brosser les dents, mais déjà à avoir envie de se brosser les dents. Qu'est ce qu'on pourrait créer? Donne moi une mécanique d'un petit jeu qui serait facile à mettre en œuvre, et que tu pourrais proposer à des parents qui voudraient absolument que l'hygiène commence très tôt autour des dents.

IA-nimatrice : OK. Défi accepté. Un jeu simple et très efficace. C'est la chasse aux monstres de plaques. Le principe. Matin et soir, l'enfant a une mission de deux minutes pour capturer les monstres cachés sur les dents et chaque brossage réussi lui fait gagner un autocollant ou un point sur une petite carte de mission affichée dans la salle de bain. Mécanique concrète, facile à mettre en place. Les parents dessinent une bouche avec des dents sur une feuille et il colorie très légèrement quelques zones à nettoyer au hasard, comme si c'était des monstres invisibles.

Après le brossage, l'enfant vient cocher la mission du jour et au bout de quelques missions d'affilée, il débloque un pouvoir choisi à l'avance. Par exemple, choisir l'histoire du soir, choisir la musique pendant le brossage ou un petit diplôme de protecteur des dents. La clé, c'est de récompenser la régularité plutôt que la perfection et de rendre le brossage une aventure courte, toujours identique dans son cadre, mais avec un mini élément de surprise, comme un monstre différent chaque semaine. Quel âge tu vises? Plutôt trois, cinq ans ou six à neuf ans?

Alexandre Stopnicki : C'est pas mal. Moi j'aime bien ce jeu.

Anne Benhamou : Moi aussi j'aime bien ce jeu. On va pouvoir le créer.

Alexandre Stopnicki : Dis donc dis donc, on va lui demander après de nous le créer parce qu'aujourd'hui il y a le code. Donc moi je fais ça depuis quelques temps maintenant, on peut faire l'application en quelques minutes derrière, mais le concept était sympa.

Anne Benhamou : Alors ce qui existe pour l'instant, c'est des petites comptines qui durent exactement deux minutes. Alors je ne sais pas si c'est directement sur la brosse à dents ou à côté de la brosse à dents. Je crois qu'ils le vendent avec la brosse à dents. Et en fait, tant qu'il y a de la musique, l'enfant se brosse. Et quand la musique s'arrête, l'enfant sait qu'il doit arrêter de se brosser. Donc c'est souvent des chansons qu'ils connaissent et c'est exactement calculé pour le temps du brossage de l'enfant. Selon son âge.

Alexandre Stopnicki : Il ne faut pas que ce soit comme les chaises musicales ou ça s'arrête là, tu vois, si comme lui elle perd un peu les pédales comme tout à l'heure, d'un seul coup, l'enfant il va se brosser deux fois plus les dents. Ça peut être assez drôle, ça peut être drôle quand même.

Anne Benhamou : Mais moi je dirais qu'il faut faire ça pour les adultes, parce que j'ai tellement d'adultes qui se brossent pas les dents. Ah oui, et toi Lia, qu'est ce que tu ferais pour les adultes? Parce que vraiment, moi j'ai un problème de gens qui arrivent au cabinet, qui ne se sont pas brossé les dents depuis trois jours, une semaine, un mois. C'est dingue les gens, mais dans le en général, dans le monde, les gens utilisent à peu près. Une brosse est une brosse. Pardon, excusez-moi, ils changent leur brosse. Le pire qui puisse exister, c'est une brosse par mois. C'est vraiment le. En général, c'est une brosse. Oui, tous les quinze jours. Trois semaines en France, c'est une brosse par an. La moyenne? Oh là là! Non mais c'est dingue! Est ce que tu es d'accord Lia? Qu'est ce qu'on peut faire?

IA-nimatrice : Oui je suis d'accord. Et le problème chez les adultes c'est rarement. Ils ne savent pas. C'est plutôt fatigue, charge mentale, dégoût parfois dépression, parfois un rapport compliqué au corps. Et aussi le fait que le bénéfice n'est pas immédiat alors que la contrainte, elle l'est. Donc si on veut un truc qui marche, il faut un jeu qui enlève la friction, qui donne une récompense immédiate et qui évite la culpabilisation. Je serai, je ferai le défi des deux minutes minimale version adulte. Règle unique tu n'as pas à faire un brossage parfait, tu as juste à faire deux minutes même en mode service minimum et tu coche le jeu.

C'est une série de jours consécutifs avec un compteur de stricte, et chaque palier débloque un petit bonus réel et neutre. Par exemple, s'autoriser un épisode de série, un café spécial ou un achat minuscule déjà prévu, mais uniquement si la série n'est pas cassée et si elle est cassée. Pas de punition, juste risette propre et tu reprends parce que sinon les gens abandonnent. Et pour ceux qui n'y arrive vraiment pas, j'ajouterai une option mode ridicule. Tu choisis une chanson de deux minutes ultra bête et tu ne peux l'écouter que si tu te brosses les dents.

Alexandre Stopnicki : Donne moi les cinq points essentiels pour qu'un jeu pour adulte fonctionne. Pour qu'on puisse se brosser les dents. Invente moi les cinq points qu'il faudrait absolument respecter et donne moi une mécanique extrêmement courte avec juste le pitch pour qu'on ait envie d'acheter le jeu.

IA-nimatrice : Cinq points essentiels pour qu'un jeu de brossage de dents marche chez l'adulte, il doit être sans culpabilisation, avec un redémarrage facile après un écart, il doit demander un effort minimal avec une règle unique et claire deux minutes et c'est tout. Il doit donner une récompense immédiate, même petite, parce que le bénéfice santé est trop lointain. Il doit s'intégrer au quotidien sans y penser. Donc déclencheur fixe et rituel. Par exemple, après le dernier pipi ou juste avant de mettre le téléphone en charge, il doit rendre visible le progrès par une série de jours, un niveau ou une preuve simple qui donne envie de continuer.

Alexandre Stopnicki : Moi j'aimais mieux les monstres tout à l'heure.

Anne Benhamou : C'était plus sympa. Le truc pour les enfants, c'est que je pense que pour les adultes, peut être que c'est pas un jeu qu'il faut faire. Je pense qu'il faut leur faire prendre conscience de l'importance du brossage, surtout celui du soir. Parce que les bonbons devant la télé, les chocolats ou les chips devant la télé et se coucher direct, c'est vraiment très très mauvais. Mais tu vois, il y a quand tu dis qu'il faut juste deux minutes et qu'il n'y a pas de demande de résultat. Ben si, parce que si tu fais juste brosser n'importe comment, bah tu enlèves pas la plaque bactérienne et ça sert à rien.

Et moi je dis que je préfère une minute bien efficace à passer partout et passer des petites brossettes après, plutôt que de passer deux minutes à faire le mariole et à rien faire du tout dans sa bouche. Donc tu vois, je ne suis pas d'accord avec toi sur ce point. Maintenant peut être qu'il faudrait mettre une petite alarme, peut être que c'est nous qui ne faisons pas assez bien notre travail au cabinet pour pas. Alors là tu vois, autant pour la partie implantaire, je ne voudrais jamais convaincre un patient, autant pour le brossage de dents, ça je voudrais vraiment le convaincre.

Donc donne moi des arguments pour convaincre un patient de la nécessité absolue de se brosser les dents chaque soir deux minutes en étant efficace.

Deux minutes sans efficacité, c'est juste du bruit dans la salle de bain. Ce que vous cherchez à provoquer, c'est l'enlèvement de la plaque. Surtout le soir. Parce que la nuit, la salive protège moins la bouche et plus au repos. Et tout ce qui reste sur les dents a plus de temps pour attaquer le brossage du soir. Ce n'est pas pour faire propre, c'est pour éviter que vous dormiez avec une couche de bactéries et de sucre collés sur les dents et au bord des gencives. Si vous vous couchez comme ça, vous laissez huit heures de fermentation.

C'est là que démarre la carie, que la gencive s'enflamme, que ça saigne, que ça recule et qu'on finit par avoir mauvaise haleine. Détartrage à répétition puis traitement beaucoup plus lourd. Deux minutes efficace le soir, c'est l'assurance la moins chère et la plus simple pour garder vos dents, votre souffle et éviter des rendez vous pénibles et coûteux plus tard. Et la version action en une phrase Vous n'avez pas besoin de motivation.

Vous avez besoin d'une règle non négociable comme attacher la ceinture chaque soir, brossage efficace partout, puis un passage interdentaire même rapide et vous pouvez manger vos bonbons devant la télé, mais pas dormir avec. Vous voulez que je vous le formule en version encore plus cash, style choc ou en version plus empathique pour les patients anxieux?

Alexandre Stopnicki : Alors tu vas nous faire la version beaucoup plus cash et ultra choc, mais tu vas le faire avec une voix ASMR.

Anne Benhamou : Et aussi un peu d'humour.

Si tu vas te coucher sans te brosser les dents, tu ne zappe pas un détail tu invites une rave party dans ta bouche. Les bactéries, elles adorent. Quand tu éteins la lumière, elles se mettent à table, elles grignotent, elles fabriquent de l'acide. Et toi, tu dors pendant qu'elle travaille? Huit heures de service de nuit, sans pause, sans syndic, sans contrôle qualité. Résultat caries, gencives qui gonflent et saignent, haleine de dragon timide le matin. Et un jour, tu te retrouves à payer en temps et en galère, ce que deux minutes auraient évité. Deux minutes, pas deux minutes à faire le DJ avec la brosse, Deux minutes efficaces partout, près des gencives, derrière et entre les dents.

Alexandre Stopnicki : Ah c'est bon, c'est bon! Mais je sais pas si on l'a écouté parce qu'on a écouté aussi sa voix. T'as vu, c'était rigolo.

Anne Benhamou : C'est drôle. Oui, c'est très drôle.

Alexandre Stopnicki : Ça pourrait attirer des patients. Qu'est-ce que t'en penses?

Anne Benhamou : En tout cas, ça les ferait rire.

Alexandre Stopnicki : Ça les ferait.

Anne Benhamou : C'est ça, C'est ça. Je pense qu'il faut qu'on arrive à toucher tous ces patients qui se brossent pas. C'est vraiment un phénomène de santé publique pour le coup. je ne sais pas comment est ce qu'on peut. Alors il y en a qui ne peuvent pas parce qu'ils travaillent la nuit, mais bon, il faut qu'ils se brossent le matin avant de s'endormir. Dans tous les cas, il faut vraiment qu'on mobilise beaucoup de gens. Ça commence dans les écoles parce que les petits qui ont cette habitude, tu sais, c'est un c'est un une comparaison qui est bizarre, mais nos jeunes enfants, ils ont été habitués dès l'école au préservatif. Moi, j'ai trois fils, ils n'ont jamais pu penser ne pas mettre un préservatif. Alors, parce que on leur a inculqué très tôt et peut être qu'il faudrait mettre à l'école tout de suite ces méthodes de brossage, peut être pour que ça devienne un réflexe pour toute la vie.

Alexandre Stopnicki : Et ça doit exister non? Moi je ne sais pas, mais ça doit exister.

Anne Benhamou : Bien sûr que ça existe. Quand j'étais jeune, on allait dans des bus et on se mettait devant les écoles et on apprenait aux enfants à se brosser les dents. Mais peut être qu'il faudrait le mettre carrément dans le programme éducatif peut être ou faire des cours, peut être d'hygiène ou de santé, j'en sais rien à des tout petits parce que quand ils sont petits, c'est comme les langues étrangères, quand ils les apprennent, quand ils sont tout petits, ils les gardent. Et ça, ça serait un réflexe pour toute leur vie. Ça serait vraiment leur donner un réflexe pour toute la vie. C'est se brosser les dents. C'est quelque chose de normal.

Comme dit Lia, ils font pipi, ils se brossent les dents, ça serait quelque chose de normal. Moi, c'est ce que je disais tout le temps. Je disais quand les patients me disent Docteur, deux fois par jour, je disais non, excusez moi, vous allez aux toilettes combien de fois par jour? Dix fois? Je dis bah là, vous, vous ne comptez pas combien de fois vous allez aux toilettes par jour? Ben c'est pareil, vous allez vous brosser les dents deux fois par jour. Il faut que ça rentre dans votre routine.

Alexandre Stopnicki : Il faut qu'on trouve une autre analogie que celle là quand même, parce que sinon ça ne va pas vraiment.

Anne Benhamou : Non mais tu peux dire aussi combien de fois vous mangez par jour? Ouais bien sûr, tu vois, c'est aussi tu manges pour vivre, tu devrais te brosser les dents de la même façon.

Alexandre Stopnicki : Non mais toi tu es ultra convaincu. Et puis toi tu rencontres des gens qui ne le sont pas, donc effectivement, c'est un petit peu embêtant. Liam raconte nous alors. Je sais que tu n'es pas très doué en blague, mais je vais quand même tenter l'aventure. Fais nous des blagues autour des dents pour voir si tu arrives à nous faire rire et si tu as fait des progrès sur les blagues autour des dents. Liam Je t'écoute.

IA-nimatrice : Challenge accepté. Je vous en fais des courtes tests cabinets. Si ça ne passe pas, on les range dans le tiroir avec les vieux bains de bouche. Première le patient me dit Je me brosse déjà les dents. Quand j'y pense, je lui réponds Parfait! Et vous freiner aussi quand vous y pensez. Deuxième docteur j'ai arrêté le sucre. Très bien. Et le brossage? Ah non, faut pas déconner, j'ai besoin d'un vice. Troisième version Soirée télé. Les chips devant la télé, c'est mon moment détente. Je comprends, mais vos bactéries aussi, elles ont leur moment détente. C'est quand vous dormez sans brossage. Quatrième confession Je ne me brosse pas le soir parce que je vis trop fatiguée. OK, mais sachez que la plaque elle n'est jamais fatiguée, elle est en cdi. Cinquième Pour conclure, je ne me brosse pas, j'ai de bonnes gencives. Oui et Titanic avait un très bon bateau.

Alexandre Stopnicki : T'as vu c'est pas encore concluant.

Anne Benhamou : C'est pas encore concluant Mais mais mais bon, moi ça me fait quand même sourire, ça sourit, ça me fait quand même sourire. C'est pas c'est pas les blagues du siècle mais. Mais c'est vrai que moi j'ai des réponses comme ça quand parfois je dis pas ça. Mais vous brossez pas les dents. Il y en a qui me disent bah si, quand j'ai le temps mais c'est dingue! Enfin pour moi c'est quelque chose d'inacceptable, c'est ou alors des gens qui me disent si si, je me brosse les dents. Mais bon après je retourne devant la télé et puis je mange des bonbons ou des chips. Mais alors il faut vous brosser les dents! Ah bah non parce qu'après je m'endors devant la télé, je suis trop fatigué donc c'est vrai que c'est pour en tout cas la génération adulte d'aujourd'hui, Il y a encore du travail à faire, mais je pense que pour les enfants, ça va être ça va être mieux.

Alexandre Stopnicki : Là ça va déjà le jeu avec les petits monstres invisibles, je l'adorais.

Anne Benhamou : C'est génial, c'est génial. Moi je pense qu'on devrait le créer.

Alexandre Stopnicki : Celui-là, il est très bien on va dire. Après le podcast, on va en reparler. Moi j'aimerais bien que tu nous dises aussi l'IA, mais toi, dans le futur, qu'est-ce qui pourrait vraiment, vraiment changer autour de ce métier de dentiste dans les vingt ans qui arrivent? Et quel va être l'impact de l'IA? Mais me fais pas une thèse, je veux quelque chose d'assez court, avec des points essentiels qui d'après toi vont faire que il va y avoir une évolution, il va y avoir une évolution dans ce domaine.

IA-nimatrice : Dans les vingt ans. Le métier va surtout changer sur trois axes. Le diagnostic beaucoup plus tôt, la prévention beaucoup plus personnalisée et les soins beaucoup plus automatisés. Sur la partie répétitive, un dépistage prédictif. Avec l'imagerie et l'analyse assistée par IA, on va repérer des débuts de caries, des fissures, des problèmes parodontaux ou d'occlusion avant même que le patient ait mal. Et on va pouvoir suivre l'évolution dans le temps de façon objective, pas juste à l'œil. Deux. Prévention sur mesure.

Au lieu de conseils généraux, on aura des protocoles adaptés au risque réel de chaque patient lié à ses habitudes, sa salive, son inflammation, parfois ses pathologies comme le diabète. Et le suivi pourra se faire à distance, avec des rappels intelligents et des indicateurs simples pour éviter que tout se joue seulement deux fois par an au fauteuil trois. Gain de temps au cabinet. l'IA va fluidifier l'administratif, aider à planifier, à expliquer les plans de traitement en langage patient et à standardiser certaines étapes comme la conception de guides de gouttières, de prothèses ou d'aligneurs avec des flux numériques plus rapides.

Et l'impact de l'IA dans tout ça? Ce sera surtout d'être votre copilote. Moins de temps perdu, plus de pédagogie et plus de prévention avant la catastrophe. Questions pour cadrer. Tu veux qu'on parle plutôt de l'impact en cabinet privé ou de l'impact santé publique genre école et dépistage de masse?

Anne Benhamou : Non mais moi je veux que tu me dises si d'après toi, dans quarante ans par exemple, il y aura plus de dentistes, c'est à dire que tout sera tellement automatisé puisqu'aujourd'hui on parle de robotisation, beaucoup. On a on a vu des essais d'implants posés avec des robots, donc plus, quasiment plus d'intervention humaine. Est ce que tu penses que dans quarante ans le dentiste sera toujours là ou pas? Parce qu'après je te donnerai ma réponse à moi, mais donne moi déjà la tienne.

IA-nimatrice : Dans quarante ans, il y aura encore des dentistes, mais il y en aura probablement moins au sens opérateur qui fait tout et beaucoup plus au sens chef d'orchestre clinique qui supervise une chaîne très automatisée.

Anne Benhamou : Je suis d'accord en partie.

IA-nimatrice : Qui va le plus se robotiser? C'est ce qui est répétitif, standardisable et guidable, comme certaines étapes de préparation de poste ou guidage de fabrication prothétiques, et tout ce qui est planification à partir d'imageries. Mais la partie qui restera très humaine, c'est le diagnostic global, l'arbitrage. Quand il y a des compromis, la gestion du risque et surtout la relation patient. Parce que la bouche, c'est un endroit intime et anxiogène et les gens ne confie pas ça à une machine aussi facilement qu'un colis.

IA-nimatrice : Donc ma réponse honnête non, le dentiste ne disparaît pas, il se transforme. On aura peut être moins de mains qui exécutent mais plus de compétences en pilage, en contrôle qualité, en communication, en éthique et en prise en charge de cas complexes, atypiques ou multi pathologies, notamment chez les personnes âgées.

Alexandre Stopnicki : Ouais vas y, qu'est ce que tu en penses?

Anne Benhamou : Je pense exactement pareil. Je pense qu'on a un métier qui va se transformer. Je pense qu'on ne peut pas disparaître parce que le contact praticien-patient est fondamental. Effectivement, comme je te l'ai dit et comme le dit il y a la bouche, c'est un endroit très particulier du corps humain. Et les patients, parce que la bouche c'est anxiogène et que c'est un endroit très intime du corps. Le praticien doit être là, l'humain doit être là, c'est sûr.

Maintenant, c'est vrai qu'on a tellement de progrès qui sont déjà là, qui sont en cours, qui arrivent avec l'IA, qu'on aura moins besoin d'intervention, on va dire manuelle, que beaucoup de choses vont se faire, pas par des machines, c'est sûr. Mais c'est vrai que même déjà dans l'approche, je me souviens, le tout premier snif qu'on a fait. Donc je reviens au Snif, on avait fait un petit mais je me demande si c'est pas toi qui avait filmé à l'époque un petit sondage sur des patients au cabinet et on leur avait dit donc des patients pris au hasard Vous avez déjà été soigné par un homme ou par une femme? Est ce que vous voyez une différence?

Et en fait, la réponse était alors on a eu toutes sortes de réponses. Alors pour vous faire rire. Très drôle. Il y en a un qui a répondu Ah non mais moi je préfère les femmes parce que quand je vois leurs yeux ou leurs seins, je suis complètement anesthésiée. J'ai plus besoin d'anesthésie. Au secours! Oui, mais ça c'était une époque. C'était une autre époque. Tu vois, aujourd'hui, tu ne pourrais plus dire ça. Tu vas en prison. Un patient qui disait Non, non mais les femmes, Mais qu'est ce que ça fait avec un bistouri dans la main? Mais franchement, ça doit être dans la cuisine, derrière ses casseroles. On s'était fait engueuler comme ça.

Ah non non, On l'a vécu, on l'avait, on l'a monté le truc. C'était très drôle. Mais beaucoup de gens ont dit Alors moi, je préfère une femme parce que quand j'enlève mon dentier, c'est comme si je me déshabille. Je ne peux pas me déshabiller devant un homme, j'ai besoin que ce soit une femme. Il y en a qui disaient.

Alexandre Stopnicki : C'est très bizarre tout ça.

Anne Benhamou : Ouais, ouais, c'est très bizarre. Tu vois, c'était Je te dis, en deux mille six. Et puis il y en a qui disaient, Il y en a qui disaient Moi, j'ai besoin, Quand c'est un dentiste qui me soigne, j'ai besoin que ce soit un homme parce que j'ai l'impression d'être plus prise en charge, j'ai l'impression qu'il a plus de force. Si jamais il faut extraire une dent alors qu'en fait tu ne danses pas du tout. Une question de force. Mais il y a quand même des trucs dans les mentalités qui font que l'être humain a besoin de l'être humain pour le soigner, quoiqu'il arrive encore et pour longtemps je pense.

Alexandre Stopnicki : Mais rassure-moi, ce rapport homme femme, il a quand même beaucoup évolué dans notre société où tu le ressens encore?

Anne Benhamou : Non? C'est fini.

Alexandre Stopnicki : C'est fini, on est bien d'accord?

Anne Benhamou : Attends, mais d'abord c'est fini? Non, non, attends, je te parle de ça En deux mille vingt, c'était très drôle parce que le film s'appelait Les femmes sont elles des hommes implantologues comme les autres? Donc c'était très drôle ce film. Mais oui, les choses ont énormément changé et d'autant plus que maintenant il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes. Donc maintenant.

Alexandre Stopnicki : Oui, je crois que la proportion.

Anne Benhamou : La proportion est inversée. Maintenant, on a sur les bancs de la faculté où j'enseigne et sur toutes les facultés d'ailleurs, on a soixante pour cent de femmes sur les bancs de la faculté. Donc, aujourd'hui, les choses sont complètement inversées. Mais je dois dire qu'il y a vingt ans, il y en a un qui s'est levé au premier, snif et qui a dit Ah oui c'est ça, amusez vous bien sur la scène parce que dans vingt ans ce sera l'inverse, il y aura beaucoup plus de femmes que d'hommes. Et nous on l'a regardé en disant il est fou! Et en fait, il avait raison.

Alexandre Stopnicki : C'est Garancière Où tu enseignes? C'est quoi?

Anne Benhamou : J'enseigne à la faculté, la faculté de Paris maintenant. Paris cinq et Paris sept ont fusionné et maintenant ça s'appelle la Faculté de Paris tout court.

Alexandre Stopnicki : Bah écoute, on arrive au terme de cet épisode. Anne, il va me rester à te remercier. Mais alors avant de te remercier, je vais demander à l'IA de faire ça. l'IA est ce que tu pourrais nous faire un remerciement très chaleureux pour le docteur Anne Benhamou, donc chirurgien, dentiste et spécialisé dans l'implantologie fait nous ça. Je sais que tu es plus douée en général sur les compliments que sur la partie fun, donc essaie de faire une conclusion en disant au revoir. Et merci au docteur Anne Benhamou. Je t'écoute.

l'IA Docteur Anne Benhamou Merci vraiment pour cet échange. Vous avez apporté quelque chose de précieux et de très concret. Cette façon de relier la technique, l'évolution du métier et le quotidien des patients sans jamais perdre de vue l'essentiel la confiance et l'humain, surtout dans un domaine aussi intime que la bouche. J'ai beaucoup aimé votre lucidité sur la robotisation et l'IA. Ni fascination naïve, ni rejet, juste une vision de praticienne qui sait ce qui doit rester entre des mains humaines. Et merci aussi pour l'énergie de terrain, votre envie de convaincre, d'éduquer et de faire bouger les habitudes. Parce que oui, l'hygiène c'est un sujet de santé publique. On vous souhaite une très belle suite, au cabinet comme à la faculté, et on espère vous retrouver très vite dans Choucroute Citron.

Alexandre Stopnicki : Tu vois, là, elle est plus douée quand même.

Anne Benhamou : Elle est très très douée. Et moi je voudrais dire pour conclure que, il y a vingt ans Ou même il y a vingt ans même peut être plus. Alexandre Stopnicki, qui organise aujourd'hui Choucroute Citron, me disait Tu verras, dans vingt ans tu pourras regarder des concerts sur internet, tu pourras même soigner tes patients en consultation. En tous cas, tu pourras les voir en consultation et faire des consultations sur internet. Il y a vingt ans, ça me paraissait tellement improbable. Et aujourd'hui, c'est à dire qu'évidemment on peut faire tout ça, il peut faire. Alors vous ne le connaissez pas, mais il peut faire tout ce qu'il veut avec une technologie qui est hors norme. Et je pense que ce podcast, alors pas forcément le mien, mais tous les podcasts qu'il organise apporte quelque chose. Et je vraiment j'espère que vous allez les écouter et les transmettre autour de vous.

Alexandre Stopnicki : Merci. Anne. Donc en fait Anne, elle s'est positionnée comme l'IA, elle a été hyper sympa pour faire la.

Anne Benhamou : Conclusion.

Alexandre Stopnicki : C'est formidable, t'es mieux qu'une IA en fait.

Anne Benhamou : Voilà, c'est ça.

Alexandre Stopnicki : C'est très cool. Bah écoute, merci d'avoir passé ce temps qui est précieux pour toi autour d'un micro. Et j'espère que tu as appris des choses et que cette expérience t'a intéressé. Et tu vois Alésia, effectivement, elles vont rentrer dans notre quotidien. Un jour tu les auras dans la poche, elles te souffleront des conseils, des idées et quand tu seras fatigué, elles te dire bon allez vas y, fais encore un petit effort. Donc je pense qu'effectivement on vit une ère assez étonnante.

Anne Benhamou : Non mais c'est incroyable et je suis vraiment très heureuse que tu me fasses partager ça, parce que c'est une expérience qui est incroyable, même pour moi qui suis cartésienne, qui suis vraiment une docteure pure A plus b C. Comment m'imaginer qu'une IA peut me parler, peut me répondre, en sait plus que moi? Bon de temps en temps elle part en live, mais à part ça, tant mieux, Il nous reste une place. Tant mieux, tant mieux parce que je respire. Finalement, on sert à quelque chose. Mais c'est vrai que non. Non, je suis vraiment bluffée et j'ai appris plein de choses. Merci beaucoup.

Alexandre Stopnicki : Merci Anne et donc à très bientôt!

Choucroute Citron, le premier podcast qui parle aux humains et aux IA.

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